Prévention des troubles musculo-squelettiques : démarche, bonnes pratiques et outils TMS
- Mathias Lvr
- il y a 2 jours
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En France, les troubles musculo-squelettiques constituent un fléau professionnel majeur, représentant 87% des maladies reconnues d'origine professionnelle. Ces affections touchent principalement les membres supérieurs, avec 38% des cas concernant la main, le poignet et les doigts. L'épaule et le coude suivent respectivement avec 30% et 22% des pathologies recensées.
Les TMS incluent des pathologies comme le syndrome du canal carpien.
Ces pathologies évoluent généralement selon trois niveaux progressifs. D'abord, les symptômes n'apparaissent que pendant l'activité et disparaissent au repos. Ensuite, ils surgissent rapidement lors des tâches et persistent davantage après l'arrêt. Finalement, ils deviennent chroniques et accompagnent la personne même au repos. Cette progression souligne l'importance d'une prévention précoce des TMS.
Je me souviens d'un technicien qui négligeait ses premiers picotements nocturnes. Quelques mois plus tard, il ne pouvait plus tenir correctement ses outils de précision. Cette situation illustre parfaitement pourquoi une approche préventive structurée s'avère indispensable pour préserver la santé des travailleurs.
Comprendre les facteurs de risque pour mieux prévenir
Les facteurs de risque TMS se regroupent en quatre catégories distinctes qui interagissent entre elles. Les facteurs biomécaniques incluent les postures contraignantes, les efforts excessifs, la répétitivité des gestes et la durée prolongée des activités. Ces éléments constituent souvent la partie visible de l'iceberg, mais ne représentent qu'une facette du problème.
Les facteurs environnementaux englobent les vibrations, les chocs, les pressions mécaniques exercées sur le corps, ainsi que les conditions d'éclairage et de température. Un environnement de travail mal adapté amplifie considérablement les risques de développement de pathologies musculo-squelettiques.

L'organisation du travail joue également un rôle déterminant. Les contraintes temporelles, les cadences imposées, le manque de contrôle sur sa tâche et la clarté insuffisante des consignes créent un terreau favorable aux TMS. Ces facteurs organisationnels sont souvent sous-estimés alors qu'ils constituent un levier d'action majeur.
Les aspects psychosociaux complètent ce tableau. L'insatisfaction professionnelle, le manque de reconnaissance, les relations sociales dégradées et l'insécurité de l'emploi génèrent un stress qui se répercute directement sur l'appareil musculo-squelettique. Durant mes formations, j'observe régulièrement comment un climat de travail tendu peut transformer une gêne mineure en pathologie invalidante.
L’INRS propose des méthodes de prévention et d’aménagements ergonomiques.
Déployer une démarche de prévention structurée
La prévention des troubles musculo-squelettiques nécessite une approche méthodique articulée autour de quatre étapes fondamentales. L'engagement dans la démarche constitue le socle indispensable, impliquant la direction, la nomination d'un animateur et la constitution d'un comité de pilotage. Sans cette mobilisation initiale, aucune transformation durable ne peut s'opérer.
L'état des lieux permet d'établir une photographie précise de la situation. Cette étape identifie les enjeux spécifiques, hiérarchise les secteurs prioritaires et définit les indicateurs de suivi. Elle constitue le point de départ objectif de toute démarche préventive efficace.
L'analyse approfondie des situations de travail examine la diversité de l'activité réelle, évalue globalement les facteurs de risque et identifie les marges de manœuvre disponibles. Cette phase requiert une observation fine du travail tel qu'il se déroule concrètement, non tel qu'il est prescrit théoriquement.
La transformation des situations représente l'aboutissement logique de ce processus. Elle vise la mise en œuvre d'actions concrètes pour supprimer ou réduire l'exposition aux facteurs de risque. Cette étape participative s'appuie sur les résultats de l'analyse pour proposer des solutions adaptées et durables.
Mobiliser les bonnes pratiques et outils de prévention
Les bonnes pratiques de prévention s'articulent autour de trois dimensions complémentaires. La dimension technique concerne l'amélioration des équipements et l'aménagement des postes. L'utilisation d'outils d'aide à la manutention comme les palans, potences ou diables électriques réduit significativement la pénibilité. L'adaptation des hauteurs de travail et la disposition optimale des produits constituent des leviers d'action immédiats.
La dimension organisationnelle transforme les modes de fonctionnement. La rotation des tâches diminue le temps d'exposition, l'extension des activités enrichit le contenu du travail, et la prévision de micro-pauses physiologiques permet une récupération régulière. Cette approche nécessite une réflexion globale sur l'organisation du travail.
La dimension humaine implique directement les salariés dans la démarche. La transmission des savoir-faire entre collègues expérimentés et novices, l'organisation de réunions participatives et l'association de la prévention aux projets stratégiques créent une dynamique collective. Cette participation active constitue un gage de réussite à long terme.
Les outils de prévention TMS disponibles incluent des méthodes de dépistage comme le questionnaire nordique ou le protocole SALTSA, ainsi que des outils d'analyse tels que les grilles d'identification de la charge physique. Le programme TMS Pros de l'assurance maladie propose une démarche structurée avec méthodes et outils adaptés aux entreprises de toutes tailles.
Un guide complet existe pour approfondir la compréhension des TMS en entreprise.




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