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Prévention des risques professionnels spécifiques au secteur du BTP

deux hommes qui travail sur une toiture

Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics, les dangers guettent à chaque coin de chantier. Chaque matin, des milliers de professionnels se confrontent à des situations où la vigilance fait la différence entre rentrer chez soi intact ou devenir une statistique. J'ai vu trop de situations évitables transformer des journées ordinaires en drames, simplement parce que les bonnes pratiques n'étaient pas intégrées dans les réflexes quotidiens. La prévention ne se résume pas à cocher des cases administratives, elle constitue un état d'esprit qui sauve des vies.


Le risque de chute représente l’un des dangers majeurs dans le BTP.


La hauteur et les engins, ces menaces quotidiennes


Les chutes représentent plus de 10% des accidents du travail avec arrêt chaque année en France et constituent la deuxième cause de décès liés à l'activité professionnelle. Le secteur du BTP paie le plus lourd tribut face à ce risque. J'interviens régulièrement sur des chantiers où les échafaudages sont installés à la va-vite, sans respect des normes de sécurité. Un jour, en arrivant sur un site de rénovation, j'ai découvert un compagnon perché sur une échelle bancale, tenant son outil d'une main et s'accrochant tant bien que mal de l'autre. La scène ressemblait davantage à un numéro de cirque qu'à une situation de travail professionnelle.


Les monteurs et utilisateurs d'échafaudages doivent impérativement être formés à la sécurité, tout comme les travailleurs sur cordes. L'utilisation d'échafaudages de pied, roulants ou volants motorisés nécessite des précautions spécifiques que beaucoup négligent par méconnaissance ou gain de temps mal placé. Les systèmes d'arrêt de chute, notamment les harnais, doivent être installés correctement et vérifiés régulièrement. Trop souvent, ces équipements restent au fond du camion pendant que les gars prennent des risques inconsidérés.


Le heurt engin-piéton reste l'un des risques critiques dans les travaux publics, souvent lié à un instant d'inattention ou à une organisation défaillante. Sur les chantiers urbains particulièrement, la cohabitation entre les engins de levage, les camions et les compagnons à pied crée des situations tendues où l'accident peut survenir en une fraction de seconde. Les conducteurs d'engins de chantier et d'appareils de levage doivent posséder une qualification validée par le CACES, ce certificat d'aptitude qui atteste de leurs compétences. Mais la formation ne remplace pas la vigilance constante et l'organisation rigoureuse du chantier.


L'utilisation de grues auxiliaires, de grues à tour, de grues mobiles ou de plates-formes élévatrices mobiles de personnes est strictement encadrée. Les vérifications des appareils de levage sont obligatoires et doivent être documentées. J'ai constaté que les entreprises qui investissent dans des formations régulières et des équipements récents diminuent drastiquement leurs taux d'accidents. Ce n'est pas une dépense, c'est un investissement dans la pérennité de l'activité.


Les agressions invisibles du chantier


Près d'un salarié français sur trois se dit exposé au bruit ou aux vibrations dans l'exercice de son activité professionnelle. Ces facteurs représentent une cause non négligeable de maladie professionnelle, souvent sous-estimée car les effets n'apparaissent qu'après des années d'exposition. Les troubles musculo-squelettiques liés aux manutentions manuelles de charges s'ajoutent à cette liste de pathologies insidieuses. Contrairement aux accidents spectaculaires, ces risques liés à l'exposition prolongée progressent silencieusement dans le corps des travailleurs.


Les valeurs limites d'exposition professionnelle au bruit sont désormais encadrées. Pour les expositions dépassant 80 décibels, des mesures particulières sont requises. Au-delà de 85 décibels ou 137 décibels de pression acoustique de crête, des mesures renforcées s'appliquent. L'utilisation des matériels bruyants et vibrants doit être limitée dans le temps et accompagnée de protections individuelles adaptées. Lors d'une intervention sur un chantier de démolition, j'ai mesuré des niveaux sonores atteignant 95 décibels pendant plusieurs heures. Les compagnons portaient des bouchons d'oreilles inadaptés, presque folkloriques face à l'agression subie.



Le risque chimique est particulièrement présent dans le secteur du bâtiment et concerne différents corps de métiers. Sous différentes formes comme liquide, solide, gaz, poussière, fumée ou vapeurs, les produits chimiques dangereux peuvent causer des accidents immédiats et des maladies qui se révéleront plusieurs décennies après l'exposition. L'amiante, interdit depuis 1997, reste un danger majeur pour les professionnels qui interviennent sur des bâtiments anciens. L'exposition aux poussières de bois génère également des risques cancérigènes avérés.


Les fiches de données de sécurité doivent être comprises et utilisées systématiquement. Le règlement REACH impose un étiquetage précis des produits chimiques. Avec l'amiante, le plomb et la silice constituent les principaux produits dangereux auxquels sont exposés les travailleurs du bâtiment. Des mesures de prévention spécifiques incluent la formation obligatoire des salariés exposés, l'utilisation d'équipements de protection individuelle et la mise en place de procédures de travail sécurisées. Le risque biologique s'ajoute à cette liste lorsque les compagnons interviennent dans des égouts, des travaux souterrains ou au contact d'eaux usées, avec notamment les risques de légionellose et de leptospirose.



S'adapter aux conditions extrêmes et situations particulières


un chantier qui est en construction

Depuis le décret du 27 mai entré en vigueur le premier juillet dernier, les entreprises doivent désormais évaluer le risque spécifique lié aux fortes chaleurs. Cette obligation était déjà induite par l'évaluation générale des risques, mais elle apparaît maintenant noir sur blanc dans la réglementation. Les épisodes caniculaires se multiplient et transformer le chantier en fournaise devient une réalité récurrente chaque été. L'eau doit non seulement permettre aux travailleurs de se désaltérer, mais aussi de se rafraîchir en se mouillant la tête ou le vêtement de travail.



Sur les chantiers dépourvus d'accès à l'eau courante, l'employeur doit fournir trois litres d'eau minimum aux salariés. Les entreprises doivent adapter l'organisation du travail en limitant les tâches physiquement exigeantes et en aménageant les horaires. Programmer des journées commençant plus tôt le matin, augmenter le nombre de pauses ou les prévoir sur les heures les plus chaudes devient indispensable. À partir du seuil orange de vigilance de Météo France, les employeurs peuvent placer leurs travailleurs en chômage intempéries aux conditions habituelles.


Le risque routier constitue la première cause de décès par accident du travail, pourtant cette réalité reste trop souvent sous-estimée. La sensibilisation des conducteurs aux dangers de la route représente un acte important de la démarche préventive. Le travail chez un client en activité, chez un particulier ou à proximité de réseaux aériens nécessite des précautions spécifiques. Les chantiers situés sur route circulée ou en bordure de chaussée requièrent une vigilance particulière et une signalisation adaptée.


Les situations atypiques génèrent des dangers particuliers qui doivent être intégrés dans la démarche de prévention. Le travail en espaces confinés, dans les égouts, en situation de travail isolé ou exposé aux intempêries présente des caractéristiques uniques. Les salariés non électriciens qui fréquentent le risque électrique doivent être sensibilisés, même s'ils n'interviennent pas directement sur les installations. La prévention efficace commence par l'identification précise des situations de travail et l'adaptation des mesures à chaque contexte particulier.


Le risque électrique est omniprésent sur les chantiers et doit être encadré strictement.


 
 
 

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